19.07.2005

Premier devoir d'analyse

Bonjour les copains!

Maintenant que vous commencez à connaître un peu plus l'oeuvre et le personnage de Pierre Lapointe, vous êtes enfin prêts (peut-être depuis fort longtemps) pour votre premier travail d'analyse. Rassurez-vous, ce sera un travail d'équipe! Il s'agit tout simplement d'interpréter les symboles et le champ lexical utilisés par l'auteur dans la très spledide chanson Étoile étiolée. Cela risque de vous rappelez vous douces et belles années du secondaire et du cégep, hihihi. Prenez deux petites minutes pour faire l'exercice, ce n'est pas long du tout. Et j'ai déjà commencé à souligner les mots qui semblent les plus importants pour comprendre le sens de la chanson et sa signification. Que je suis fine! Alors, allons-y! Je sens que nous allons bien rigoler avec vos interprétations!

Étoile étiolée

Pourquoi ne viens-tu pas t’étendre?
Comme au temps où nous étions enfants
Le bout du nez froid, l’âme tendre
Tout s’est envolé avec toi

Depuis sortent de ma bouche immense
Des milliers d’étoiles étiolées
Qui, malgré moi, se répandent et rampent
Comme les serpents des déserts mouillés

Mais que faire sinon que d’attendre
La fin du froid du mois de décembre
Mais que faire sinon que d’attendre…

Pierre Lapointe

Commentaires

Bon, alors puisque personne n’a répondu à l’invitation de répondre à ce premier jeu d’analyse de chansons de Pierre Lapointe…je vais donc partir le bal et répondre la première.

Tout d’abord, je dois vous dire que j’affectionne beaucoup cette petite chanson si mélodieuse et mélancolique. On pourrait dire à la limite qu’elle pourrait devenir une belle berceuse si seulement elle n’était pas si triste. Décidément, le thème du passage du temps (vieillesse, passage de l’enfance à l’âge adulte, nostalgie du temps passé) est cher au compositeur. Cette délicate chanson nous relate donc, nous pouvons présumer peut-être à tords ou à travers, une charmante petite histoire d’amour vécue ou imaginée par l’auteur. Néanmoins, ce n’est pas n’importe quelle histoire d’amour, mais bien celle de son premier amour. Et rien n’est plus nostalgique que de se souvenir de son enfance marquée par l’expérience de nos sentiments les plus éloquents, authentiques et poignants. Période culte de l’innocence, de la pureté et de la spontanéité, l’enfance est symbolisée par la neige puisque l’histoire se déroule en plein mois de décembre. Qui ne se rappelle point ces jeux dans la neige avec nos copains où les secondes et les minutes n’avaient plus d’importance et que seul le plaisir persistait? Le protagoniste semble donc désirer revivre ses moments, mais surtout ceux vécus étendus sur la neige en compagnie de sa dulcinée. Son seul souhait, retrouver l’amour de cette dernière maintenant que les années ont passé. Voilà pour l’interprétation douce de cette chanson.

Attaquons maintenant l’interprétation plus freudienne et avons-on le plus cru de ce texte. Le deuxième paragraphe est d’ailleurs très éclairant sinon très puissant quant au sens à donner à cette chanson. Inutile de s’éprendre indéfiniment…c’est un peu poussé par les cheveux, mais disons qu’on pourrait comprendre que depuis que sa copine d’enfance l’a quitté (intentionnellement ou bien contre vent et marée) il s’en ennuie éperdument. Bien sûr, il a vieilli depuis ce temps. La puberté est venue le frapper en plein fouet…des milliers d’étoiles étiolées sortent de son corps….se répandent (souvent au début sans contrôle) et mouillent au passage…Bon, futés comme vous êtes, je suis certaine que vous avez fait le lien! Mais, ce qui donne quand même du poids à cette analyse c’est la présence du mot «serpent» dans la chanson. C’est un symbole si iconique! C’est le symbole phallique par excellence On le retrouve d’ailleurs dans une panoplie de peintures classiques…pensons simplement à la peinture de Henri Rousseau, Le rêve (1910).



Ainsi, selon notre bon ami Freud, la chanson pourrait témoigner du passage au stade génial de l’auteur :

« À ce stade la libido est appelée objectale puisque les tendances ont besoin d'un objet extérieur au corps, elle n'est donc plus narcissique et par conséquent elle va être dépendante de la qualité de la relation objectale c'est-à-dire qu'elle est dépendante du comportement affectif vis-à-vis de l'objet d'aimance (son premier amour d’enfance) et ce comportement est lié pour Freud à la résolution du complexe d'oedipe » (tiré du site http://www.e-monsite.com/isabellesamyn/rubrique-1012434.html).

Nous pourrions alors être tentés de nous questionner sur la véritable résolution du complexe d’Oedipe par le compositeur…puisque ce dernier aborde souvent le thème de sa mère…Référons-nous évidemment à la chanson Octogénaire. Toutefois, la psychanalyse, étant ce qu’elle est…il faut en prendre et en laisser. Mais, surtout savoir s’arrêter au bon moment nos divagations…compétence que je maîtrise peu…puisque mon imagination est plus débordante que d’autre chose, hihihi.

Ecrit par : Lapetitefillelaide | 27.07.2005

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