06.08.2005

Le roi pépiphonique est né

Magistrale, mirifique, majestueux, élégant, déroutant, éblouissant, brillant, divin, épatant et même hilarant par moments…trop peu de mots pour résumer la prestation de Pierre Lapointe de ce soir. Quel artiste peut-il se vanter de se faire applaudir dès le lever du rideau….avant même d’y avoir posé les pieds?

Devant un public déjà conquis d’avance, c’est vêtu de somptueux habits baroques que les musiciens et l’auteur/compositeur/interprète se sont présentés pour annoncer la mort pépiphonique du roi. Enchaînant avec quelques chansons inédites, c’est en reconnaissant Place des Abbesses que le public a confirmé son allégeance au roi ou plutôt à la consécration d’un grand artiste. Ajoutant quelques gestes à sa chanson et quelques pas de danse, le ton était donné à la soirée. Vous auriez du voir le chanteur se dandiner. Pierre Lapointe a osé faire un peu le bouffon sur scène tout en s’empreignant d’une intensité désarmante pour interpréter ses chansons des plus touchantes qui soient.

Profitant d’un petit oubli en ce qui à trait à la mise en scène, Pierre Lapointe ne s’est pas prié pour s’entretenir avec ses fidèles déjà ébahis qui n’ont pu que se réjouir de la situation. Un peu plus loin dans le spectacle, c’est en s’accrochant doucement dans les paroles abondantes du Paradis des billes que l’artiste a fait rire la salle en ressortant son personnage de dandy pédant l’espace d’un instant…quoiqu’il n’en est pas vraiment ressorti durant la durée du spectacle et ce, jusqu’aux rappels!


 

Les moments les plus forts :

Lorsque Pierre Lapointe a présenté son premier invité de la soirée, Albin de la Simone. En louant les mérites de cet artiste et clamant son admiration, Pierre Lapointe a supplié ses spectateurs d’acheter son CD sinon… «Vous aurez affaire à moi!» a-t-il affirmé. Il n’en fallait pas plus pour qu’une bande de ses admiratrices râlent de bonheur. Ce à quoi Pierre Lapointe leur a répondu d’un ton badin de modérer un peu leurs ardeurs amoureuses puisqu’il était déjà matché…avec une fille qu’il doit partager avec un autre homme. Façon élégante et habile d’introduire la chanson qu’il allait interpréter avec son invité. Son alter ego a su nous faire sourire en y intégrant le nom de Lapointe. Finalement, les deux artistes se sont quittés en se chamaillant sur lequel des deux leur dulcinée aimait. Pierre Lapointe a déclaré que cette dernière ne pouvait aimer un français. Albin de la Simone a donc rétorqué qu’elle ne pouvait pas plus aimer un québécois à l’accent français. Le public a apprécié la présence d’Albin de la Simone en y découvrant les mêmes touches « surréalistes » qui animent l’univers lapointien.

Lorsque les premières intonations électroniques se sont fait entendre pour accompagner l’une des chansons de Lapointe…la surprise et l’émerveillement étaient palpables dans la salle! Cette touche « avant-gardiste » semble avoir été bien reçue par le public, ce qui n’est pas mal pour un artiste aux aspirations créatrices audacieuses!

Lorsque Pierre Lapointe a livré une interprétation renversante de Au suivant cet opus de Brel. Un peu plus et il recevait une ovation!!! C’est tout dire!

Bien sûr, lorsqu’il a fait le Columbarium, la participation du public était à son comble.

Le premier appel, évidemment prévisible et préparé, constitue un des très beaux moments du spectacle. Fidèle à sa tradition, l’artiste a choisi d’effectuer Maman. Oui, oui…sa fameuse chanson qui apparaît 26 minutes plus tard à la fin de son album. Ayant pitié de son auditoire, Pierre Lapointe consent finalement à expliciter pourquoi il en était ainsi. Toutefois, l’histoire invraisemblable et burlesque qu’il nous relate concernant l’origine de cette chanson valait vraiment le déplacement!!! Quel humour quand même! Et on se réjouit qu’il soit un peu « moulin à paroles ». Clamant par la suite qu’il détestait dorénavant Mara Tremblay puisqu’elle avait refusé la chanson qu’il lui avait offerte, devinez qui était là pour l’accompagner dans son rappel.

Le deuxième rappel, décidemment le moment le plus inusité du spectacle! C’est en prétendant effectuer une chanson hors de son « cru » qu’il nous déroute lorsque surgissent les premières notes d’une certaine chanson de Michèle Richard…que tous reconnaissent avec stupeur! Pierre Lapointe dansant sur du yéyé et chantant « Les boîtes à gogo », nous aurons tout vu! Il n’y a plus aucun doute, ce dernier maîtrise l’art de la surprise!

Doté d’une scénographie impeccable, d’un habillage de la scène somptueuse  ainsi que du talent de ses musiciens et collaborateurs, nul doute que les artisans de ce spectacle unique des FrancoFolies 2005 ont travaillé très fort. Et à la tête de l’entreprise créatrice, un Pierre Lapointe dont l’octroi du titre de roi pépiphonique est sans équivoque.


Pour lire une critique d'une journaliste, je vous suggère le voyage vers ce lien suivant.

Marie-Christine Blais, La Presse 6 août 2005

http://www.cyberpresse.ca/arts/article/article_complet.ph...

 

Et longue vie au roi pépiphonique!
 

 

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